Coronavirus: Risques de ruptures de stock dans l'industrie

Publié par Hassan ASSAN le

  • Des dispositifs et task force mis en place par Renault et PSA Maroc
  • Les premiers impacts attendus ce mois-ci
  • Automobile, agroalimentaire, produits pharmaceutiques, électroménager, appareils électriques... Les plus exposés

 

covid19

Au-delà de l'industrie du voyage, du tourisme, la restauration ou encore l'événementiel (foires et salons) qui enregistrent des annulations massives, l'effet coronavirus a aussi des impacts multiples sur l'industrie. C'est notamment le cas des importations dans l'agro-industrie, l'électroménager ou encore l'industrie automobile.

L’épidémie de coronavirus vient confirmer la place prépondérante prise par la Chine dans le secteur automobile. Pour preuve, la machine industrielle mondiale s'est grippée lorsque l'épidémie de pneumonie virale a conduit la Chine à prolonger la fermeture de ses usines au-delà des congés du Nouvel an.

«L'industrie manufacturière chinoise est cruciale pour les chaînes de production automobiles. Tout ralentissement ou interruption dans la fabrication d'un composant peut provoquer des engorgements et arrêts d'usines dans des pays comme la Corée, le Japon, l'Iran ou la Tanzanie», observent des analystes de Fitch Solutions.

Aujourd'hui, des constructeurs suspendent leurs approvisionnements de composants et de matières premières de Chine, de la Corée du Sud, du Japon... D'autres fabricants ont des difficultés d'approvisionnement compte tenu des arrêts de production d'usines chinoises. Il faut dire que le coronavirus confirme la forte dépendance de l'industrie automobile mondiale à la sous-traitance chinoise.

Et pour cause, la  Chine est l'usine du monde. Elle fait partie intégrante des chaînes manufacturières et pèse le cinquième de la production manufacturière mondiale.  Compte tenu de cette forte dépendance, le groupe Fiat Chrysler pourrait stopper la production de l'une de ses usines européennes faute de composants en provenance de Chine.

Pour le cas de Renault, qui a deux usines au Maroc (Tanger et Casablanca), le constructeur affirme avoir mis en place un dispositif d'anticipation, de suivi et de contrôle des risques d'approvisionnement pour ses usines. Du côté de PSA Maroc, qui dispose d'une usine à Atlantic Free Zone (Kénitra), «une task force a été mise en place pour contourner les approvisionnements en provenance de la Chine».

Selon le management de PSA Maroc, «pour l'instant, aucune rupture n'a été enregistrée sur nos chaînes d'approvisionnement que ce soit au Maroc (Kénitra) ou dans nos sites en Europe». Selon Hakim Abdelmoumen, président de la Fédération de l'automobile à la CGEM, «toutes les multinationales opérationnelles dans le secteur automobile au Maroc ont organisé une campagne auprès des sous-traitants pour identifier les risques potentiels ou réels au niveau de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Aujourd'hui, il n'y a pas encore eu d'impact sur la filière. Les premiers effets seront attendus en ce mois de mars. Nous comptons faire une compilation des remontées d'informations pour évaluer l'impact en ce mois de mars».

Il va sans dire, les premiers effets seront recensés dès ce mois-ci. Pour le président de la Fédération de l'automobile à la CGEM: «En général, les constructeurs ont un plan B, voire C. Tous les fabricants ont un minimum de 3 fournisseurs pour chaque commodité afin d'éviter les risques d'approvisionnement. Lorsqu'un sous-traitant n'est pas en mesure de livrer, l'on fait appel à ses concurrents inscrits sur la check-list des commodités».

 

Source : L'economiste

https://www.leconomiste.com/article/1058133-coronavirus-risques-de-ruptures-de-stock-dans-l-industrie


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